Interview de Fabrice Chauliac

2 avril 2016

couvertureQuel est le premier livre que vous vous souvenez avoir lu ?

Les Petites Filles modèles de la Comtesse de Ségur, chez ma grand-mère. Je me rappelle encore de l’odeur de vieux papier (par contre j’ai une réputation à tenir : si ça sort d’ici, je vais devoir sévir…)

Pensez-vous qu’il faille être un grand lecteur pour être un bon auteur ?

En tout cas, ça aide. Pour les tâcherons comme moi, la lecture reste un des moyens les plus sûrs d’améliorer son style. C’est comme en BD : au début on copie sans vergogne ses dessinateurs préférés, puis au fur et à mesure qu’on prend de l’assurance, on s’en émancipe en essayant de trouver sa propre voie.

Comment êtes-vous tombé dans l’écriture ?

Un peu par hasard. J’ai toujours écrit de façon occasionnelle : des histoires fantastiques ou des récits en rapport avec nos parties de jeu de rôle. Mon truc c’était le dessin, ou plus exactement la BD qui me permettait de dessiner en racontant des histoires. Quand j’ai arrêté le dessin, et plus tard le JDR, j’ai continué de raconter des histoires, mais cette fois-ci par le biais de l’écriture.

J’ai parfois rencontré des musiciens classiques qui n’écoutaient que du rock. Et vous, écrivez-vous ce que vous aimeriez lire ?

Absolument. Ces dernières années j’ai eu une indigestion de récits épiques à base d’elfes et de nains (Peter Jackson n’y est pas étranger) et, dans une moindre mesure, de médiéval fantastique d’où une envie de fantasy un peu différente. C’est dans cette optique que j’ai entrepris l’écriture d’Absyrialle en mêlant une ambiance XVIIIème siècle à la Scaramouche avec des éléments plus sombres comme des succubes ou  des divinités oubliées. Je me suis fait plaisir : une façon pour moi de revendiquer mes influences et de leur rendre hommage avant d’essayer de passer à autre chose.

Votre premier roman, Absyrialle, est sorti en février. Comment s’est passée votre recherche d’éditeur ?

Mieux que je ne l’aurais pensé. Il y a bien sûr les maisons d’édition qui ne répondent pas et les lettres type mais dans l’ensemble j’ai eu essentiellement des retours constructifs comme avec cet éditeur qui m’a recommandé auprès d’un de ses confrères, plus susceptible que lui de me publier. Horreur, fantasy, uchronie : Absyrialle est à cheval sur plusieurs genres ; c’est finalement son coté uchronique qui a convaincu Corinne Guittaud et Voy’el de me donner une chance.

J’ai lu sur votre roman qu’il s’agissait d’une « uchronie atypique et intelligente ». Comment ressent-on les premières critiques ?

C’est l’épreuve du feu et je ne pense pas qu’on puisse y être indifférent. C’est là que l’on prend conscience du décalage qui peut exister entre sa propre perception de l’œuvre et celle des lecteurs. En tout cas c’est l’occasion de garder sous la main quelques critiques constructives pour le prochain roman.

Pouvez-vous nous pitcher votre roman ?

En 1783, l’éruption du Laki plonge le monde dans le chaos et met fin aux Lumières. Elle révèle l’existence d’une cité enfouie : Absyrialle, aux origines aussi mystérieuses que les princes démons qu’on y vénère. Dix ans plus tard, le Vatican envoie Galoire de Montbrun, un bretteur hors pair, pour étendre  son influence au cœur même de la cité. Dans sa quête, il rencontre Théodule, écrivain public et philosophe qui accepte de lui servir de valet. Ce couple picaresque part donc à la conquête d’Absyrialle, frayant avec des succubes, croisant le chemin de personnages historiques (le Chevalier d’Éon, le Comte de Saint-Germain ou le Marquis de Sade) et maniant aussi bien l’épée que la plume afin de remonter jusqu’au Sculpteur de Chair, cette entité mystérieuse à l’origine de la cité sombre.

La vie d’auteur est une drôle de vie. Avez-vous une anecdote amusante à nous raconter ?

Un revendeur numérique avait déjà référencé Absyrialle comme oeuvre de Gérard de Villiers. Puis, après Les rencontres imaginaires de Sèvres, j’ai eu la surprise de découvrir la photo de votre serviteur sur Facebook avec en légende ”Lilian Peschet en train de dédicacer”. Je ne désespère pas de me retrouver un jour sur un stand avec Lilian et Lionel Davoust afin de semer un peu plus la confusion avec un trio de chauves à barbichette…

Et c’est quoi la suite ?

De la pure fantasy qui sent bon le thym et la farigoulette. Une histoire plus recentrée et solaire, axée sur les déambulations d’une jeune femme. L’occasion pour moi de m’essayer au récit à la première personne.

Quel est le dernier livre que vous ayez lu ?

La Ménagerie de papier de Ken Liu. Une arme de dissuasion massive pour ceux qui voudraient s’essayer à la nouvelle, tant le bougre est doué.

IMG_20160229_141303Fabrice Chauliac est né le 23 avril 1967 à Montpellier.

Après des études en droit et d’économie il a entamé une carrière de développeur web.

Il s’est essayé à la BD et à l’illustration avant de se tourner progressivement vers l’écriture, inspiré par le cinéma de genre, H.P. Lovecraft, Michael Moorcock, Fritz Leiber, Robert E. Howard, Jack Vance et les musiques sombres et synthétiques.



Une réponse à “Interview de Fabrice Chauliac”

  1. Thérèse André-Abdelaziz dit :

    Interview intéressante qui me fait découvrir un auteur. Merci à Paroles d’auteurs.

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