Interview de Julien Blanc-Gras

26 mars 2016

inuteroQuel est le premier livre que vous vous souvenez avoir lu ?

Après Le club des cinq en vacances, le premier « vrai » roman lu doit être Le vieil homme et la mer, d’Hemingway, jolie fable sur la persévérance et la dignité.

Pensez-vous qu’il faille être un grand lecteur pour être un bon auteur ?

Je ne crois pas qu’on puisse écrire sans avoir lu. Pour autant, nulle obligation d’avoir ingéré tout Tolstoï pour s’autoriser à prendre la plume.

Avez-vous été surpris/déçu par vos premiers contacts avec un éditeur ?

Déçu, non. Surpris, oui, et heureux, car mon premier roman a été publié suite à un simple envoi par la poste, aux éditions Au diable vauvert.

Premier roman. Bim, vous êtes lauréat du Prix du Premier Roman de Chambéry ! Comment avez-vous appréhendé l’écriture du suivant ?

Le deuxième roman est toujours une étape délicate, car on a tendance à vouloir tout dire dans le premier. Dans mon cas, j’ai opté pour l’écriture d’une comédie apocalyptique déjantée. Et ça n’a pas vraiment marché.

Les voyages forment-ils les auteurs ?

Je suis écrivain voyageur, je ne peux pas dire le contraire. Les voyages forment les gens, qu’ils soient écrivains ou notaires. Voyager, c’est accumuler des expériences et du vécu. Voyager, c’est renouveler sa vision du monde. Ça ne peut pas nuire à l’écriture.

Avez-vous pris la plume pour devenir un dieu vivant ?

Pas du tout. J’ai pris la plume parce que j’avais des histoires à raconter (et que je n’avais pas du tout envie de faire un vrai métier).

La vie d’auteur est une drôle de vie. Avez-vous une anecdote amusante à nous raconter ?

La vie d’auteur est formidable. Elle m’a permis de voyager des îles du Pacifique au cercle polaire, de rencontrer des gens auxquels je n’aurais sans doute pas eu accès si j’avais été plombier, et d’avoir ma photo dans Télé 7 jours. La vie d’auteur est affligeante. Notamment quand vous êtes en séance de dédicaces et qu’on vous demande « vous savez où je peux trouver des livres de Marc Lévy ? »

Pouvez-vous nous parler de votre dernier roman, In Utero ?

C’est un journal de grossesse. Du test positif à l’accouchement, on suit les joies et les angoisses d’un futur père, moi en l’occurrence. C’est l’histoire la plus banale du monde. Et pourtant, elle est rarement racontée d’un point de vue masculin.

C’est quoi la suite ?

En septembre 2016 paraîtra Icebergs (le titre est encore provisoire), aux éditions Paulsen. C’est un récit de navigation au Groenland, où il sera question de chasseurs de phoques, de pêcheurs en colère, de vieilles malédictions inuits, d’ours polaires et d’aurores boréales.

Quel est le dernier livre que vous ayez lu ?

Jungle, de Miguel Bonnefoy. C’est l’histoire d’une virée dans la forêt vénézuélienne, qui s’achève sur la descente en rappel des chutes du Salto Angel. A déconseiller aux lecteurs qui ont le vertige. À conseiller aux autres.

Julien Blanc-GrasNé en 1976 à Gap, Julien Blanc-Gras est journaliste de profession et voyageur par vocation.

Il est l’auteur de Gringoland (lauréat du Festival du premier roman de Chambéry 2006), de Comment devenir un dieu vivant, de Touriste (Prix J.Bouquin, Prix de l’archipel de Saint-Pierre et Miquelon, nommé au Prix de Flore et au Prix des lectrices de Elle. Adaptation en BD parue en 2015) et de Paradis (avant liquidation), succès public et unanimité critique.

Dernier ouvrage paru : In utero.



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