Interview de Paula Hawkins

9 septembre 2015

Paula Hawkins
Sonatine
auteur
Paula Hawkins a été journaliste pendant quinze ans avant de se consacrer à l’écriture de fiction. Elle vit à Londres. La Fille du train (traduit de l’anglais par Corinne Daniellot et publié en France chez Sonatine, parmi les meilleures ventes de cet été) est son premier thriller. Traduit en 42 langues, il a été optionné par Steven Spielberg (Dreamworks) avant même sa parution. Le film dont le tournage a débuté cet été sera réalisé par Tate Taylor, à qui l’on doit déjà l’adaptation de La couleur de sentiments, d’après le roman éponyme de Kathryn Stockett.
GB

Interview traduite en français par Sylvain Johnson.

Hawkins-TrainQuel est le premier livre que vous vous souvenez avoir lu ?

Comme tous les enfants, j’ai lu beaucoup de livres avec des images lorsque j’étais petite. Je pense que le premier roman que j’ai lu était probablement un « Famous five » (le Club des cinq, NDT) d’Enid Blyton.

Pensez-vous qu’il faille être un grand lecteur pour être un bon auteur ?

Je ne crois pas que cela soit nécessaire, mais je pense que cela aide. Je suis sûre qu’il y a des auteurs brillants qui ne lisent pas beaucoup, mais la plupart d’entre nous apprenons à développer le langage, les intrigues et les personnages en lisant le travail des autres écrivains, en absorbant leurs idées et en nous émerveillant de leurs techniques.

La Fille du train, considéré comme votre premier roman, est un succès mondial. Pourtant, vous avez déjà écrit quatre romans sous pseudo. Pouvez-vous nous en parler ?

J’ai écrit quatre fictions romantiques sous le nom de Amy Silver. J’ai écrit le premier de cette série suite à une demande d’un éditeur. On m’a expliqué une idée et demandé de l’écrire très rapidement. Comme ça ne venait pas de moi, je n’ai pas souhaité le publier sous mon vrai nom. J’ai ensuite continué à écrire sous ce pseudo avec plus ou moins de succès. Je sentais que ce genre n’était pas fait pour moi. Les thrillers représentaient davantage ce que je voulais écrire.

Plus de 2 millions d’exemplaires vendus, traduit en 42 langues, est-ce qu’un tel succès fait plaisir ou fait peur ?

Les deux ! Évidemment, le succès est merveilleux. C’est formidable de savoir qu’autant de gens ont achetés et apprécié le livre. Mais cela veut aussi dire qu’il y a maintenant des millions de personnes qui ont des attentes à mon sujet, concernant mon prochain livre. Et ça, c’est très intimidant.

Les droits d’adaptation de votre roman ont été achetés par Steven Spielberg. Le tournage a débuté cet été. Avez-vous participé au scénario ?

Non, je n’ai pas participé. Je suis un auteur de romans, pas une scénariste. Je n’ai jamais écrit pour le cinéma. Je ne saurais pas par où commencer. Je pense qu’il est préférable de laisser les professionnels s’en occuper.

Vous racontez l’histoire de trois femmes qui jugent la vie des autres et vous mettez en exergue ce que Sartre appelait « L’être et le paraître ». Comment avez-vous eu l’idée de votre roman ?

L’idée originale m’est venue en faisant la navette en train de chez moi à Londres. J’ai toujours aimé observer les résidences aperçues par la fenêtre, m’interrogeant sur le genre de vie que devait mener ses habitants. Je me suis demandé ce que je ferais si j’y voyais un événement choquant ou surprenant.

On dit de votre roman que c’est un « Domestic Noir ». Qu’en pensez-vous ?

« Domestic noir » est une étiquette qui a été collée à certains thrillers psychologiques actuels, dont plusieurs (mais pas tous) écrits par des femmes comme The silent Wife d’ASA Harrison ou encore Apple Tree Yard de Louise Doughty. Ce sont des polars qui prennent racine dans la vie de tous les jours, souvent dans la réalité domestique. Cela peut être une observation des relations familiales dans l’attente de la dégradation de celles-ci. Je pense que La Fille du train correspond relativement à cette définition.

Quand viendrez-vous rencontrer vos lecteurs français ?

Je n’ai pour le moment pas prévu d’aller en France, mais j’espère m’y rendre très vite.

Avez-vous déjà en tête le thème de votre prochain roman ? Si oui, pouvez-vous nous en parler ?

Je travaille actuellement sur un autre thriller. Il sera question de la relation entre deux sœurs distantes depuis l’enfance. Au début du livre, on découvre que l’ainée est morte, et c’est à sa soeur de découvrir ce qui lui est arrivé. La mémoire, particulièrement les souvenirs d’enfance, et le rôle qu’ils jouent pour former notre caractère, est aussi un des thèmes importants du roman.

Quel est le dernier livre que vous ayez lu ?

J’ai récemment terminé The Seed Collectors de Scarlett Thomas qui est vraiment sombre, un livre drôle au sujet de la famille élargie, du sexe et de la mort. Je lis actuellement The Narrow Road to the Deep North de Richard Flanagan.

paulaPaula Hawkins a été journaliste pendant quinze ans avant de se consacrer à l’écriture de fiction.

Elle vit à Londres.

La Fille du train (traduit de l’anglais par Corinne Daniellot et publié en France chez Sonatine, parmi les meilleures ventes de cet été) est son premier thriller.

Traduit en 42 langues, il a été optionné par Steven Spielberg (Dreamworks) avant même sa parution. Le film dont le tournage a débuté cet été sera réalisé par Tate Taylor, à qui l’on doit déjà l’adaptation de La couleur de sentiments, d’après le roman éponyme de Kathryn Stockett.

Pour en savoir plus sur Paula Hawkins :
paulahawkinsbooks.com



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